Last call climatique – Introduction au Plan d’action de la DUC (Déclaration citoyenne universelle d’Urgence Climatique) – Pour une mobilisation vitale

Publié le 27 août 2021

Il y a urgence climatique (UC) si deux critères sont satisfaits en même temps. Premièrement, il faut que le risque soit concret, de nature physique, de grande ampleur et ayant une probabilité d’avènement suffisamment élevée. Deuxièmement, il faut que l’intervalle de temps pour agir soit très court (état d’urgence), et que la réponse au risque ne puisse se faire par les processus normaux, mais doive impliquer un niveau extraordinaire d’intensité et de ressources.

L’urgence climatique évolue plus vite que prévu. Nous devons accélérer notre réponse,
de manière très urgente et ambitieuse. C’est la bataille pour notre survie.
António Guterres, Secrétaire général de l’ONU

Si nous continuons sur la voie actuelle, “il y a un très grand risque que nous mettions fin à notre civilisation. L’espèce humaine survivra d’une manière ou d’une autre, mais nous détruirons
presque tout ce que nous avons construit au cours des deux derniers millénaires.
Prof. Hans Joachim Schellnhuber
Directeur émérite de l’Institut Potsdam

SOMMAIRE

  1. Urgence climatique et urgence d’agir.
  2. Des points de non-retour.
  3. Trop tard pour la cible de + 1,5 °C.
  4. Un réchauffement de + 2 °C est très dangereux.
  5. Un passage obligé: la baisse des aérosols anthropiques.
  6. Un plan global et contraignant est nécessaire.
  7. Le Zéro émission doit être atteint avant 2030.
  8. Le Plan de la DUC: 11 chantiers d’intervention, 1 outil politique.
  9. Un Plan acheminé à la communauté internationale.

1- Urgence climatique et urgence d’agir.
  • Parce que l’état d’urgence climatique, tel que décrit dans la Déclaration citoyenne universelle d’Urgence Climatique (DUC), a été reconnu par au moins 525 municipalités québécoises, par le gouvernement du Québec et le gouvernement du Canada;
  • Parce que l’ONU ainsi qu’un grand nombre de gouvernements et organismes à travers le monde reconnaissent le risque existentiel que représente le réchauffement planétaire;
  • Parce que les derniers rapports scientifiques nous indiquent qu’un bouleversement abrupt et irréversible du climat est en cours;
  • Parce que tout délai d’action, délai que l’on nomme aussi « inertie politique », serait irresponsable, voire écocidaire;

C’EST POURQUOI, compte tenu de ce qui précède, nous devons activer un plan d’urgence climatique global.


2- Des points de non-retour

Aussi appelés “points de bascule”, les points de non-retour sont des seuils qui, s’ils sont atteints, mènent à des changements irréversibles. Par exemple, dans l’océan Arctique, quand le couvert de glace fond, la proportion de surfaces sombres augmente au détriment des surfaces claires, entraînant l’absorption d’une plus grande quantité de radiation solaire, faisant diminuer encore plus le couvert de glace, et amplifiant le réchauffement. À partir d’un certain seuil, les portions de banquises deviennent trop minces et trop petites, menant à la disparition complète et définitive du couvert de glace.

Le couvert de glace arctique, les coraux, les glaciers de montagne et la glace du Groenland ont tous probablement atteint leur point de non-retour, rendant leur disparition irréversible, et indiquant l’ampleur du réchauffement en cours.

Plus inquiétant encore, il y a de fortes probabilités qu’il y ait des liens entre différents points de non-retour. Quand l’un d’entre eux est atteint, cela augmente le risque que d’autres le soient, pouvant entraîner une cascade aux proportions catastrophiques.

  • Parce que les gaz à effet de serre (GES) anthropiques émis depuis près de deux siècles ont déjà engendré un réchauffement global d’environ + 1,1 °C, suffisant pour que nous atteignions des points de non-retour;
  • Parce que cela a fait naître des phénomènes d’amplitude inédite de mémoire humaine: dômes de chaleur, cyclones de catégorie 6, mégafeux sur plusieurs continents, etc., qui ne peuvent s’expliquer que par le réchauffement planétaire en cours;
  • Parce que d’autres points de non-retour pourraient être atteints entre + 1,5 °C et + 2 °C de réchauffement, certains causant des changements brusques aux conséquences catastrophiques;

C’EST POURQUOI il est crucial d’activer un plan d’urgence climatique qui répond aux défis de la crise.


3- Trop tard pour la cible de + 1,5 °C
  • Parce que nous avons dépensé tout le budget carbone (la quantité de carbone que nous pouvons encore émettre dans l’atmosphère) pour rester sous le seuil de + 1,5 °C;
  • Parce que l’augmentation de + 1,5 °C de la température globale sera vraisemblablement atteinte avant 2030, quelles que soient nos actions;
  • Parce que un pourcentage important de nos émissions passées va perdurer dans l’atmosphère pendant des siècles ;
  • Parce que au lieu de cesser maintenant nos émissions de gaz à effet de serre (GES), nous continuons d’en émettre de plus en plus d’une décennie à l’autre;

C’EST POURQUOI une intervention étatique globale et radicale est nécessaire.


4- Un réchauffement de +2 °C est très dangereux.
  • Parce que des rapports scientifiques indiquent que + 2 °C augmente la probabilité que le réchauffement climatique s’autoalimente (phénomène de “Terre étuve »), pouvant conduire à des catastrophes en cascade à l’échelle de la planète, mettant en péril la majeure partie de la vie sur Terre;
  • Parce que des calculs se basant sur les modèles climatiques actuels indiquent qu’un réchauffement planétaire de + 2 °C pourrait être atteint dès 2040;

C’EST POURQUOI une intervention internationale, de l’ordre de celles ayant eu cours lors des guerres mondiales, est nécessaire pour éviter les impacts catastrophiques (économiques, sociaux et environnementaux) d’un réchauffement de deux degrés ou plus.


5- Un passage obligé: la baisse des aérosols anthropiques.
  • Parce que la combustion d’énergies fossiles libère du CO2, mais aussi des aérosols (sulfates, nitrates et autres) qui affectent le réchauffement au sol et dans l’atmosphère;
  • Parce que l’ensemble de ces aérosols ont globalement un effet de refroidissement qui fausse notre vision du réchauffement réel;
  • Parce que au moment où nous réduirons fortement les énergies fossiles nous assisterons à un réchauffement subit (jusqu’à + 0,5 °C) et que cela affectera précipitations et extrêmes météos, et pourrait déclencher des points de non-retour;
  • Parce que attendre que la température mondiale augmente encore plus (+1,5 ou +2 °C) avant d’entreprendre ce passage obligé augmentera d’autant plus les chances d’un effondrement mondial;

C’EST POURQUOI seul un plan global mis en branle immédiatement à l’échelle internationale et impliquant les scientifiques peut réduire les risques de catastrophes.


6- Un plan global et contraignant est nécessaire.
  • Parce que les dernières décennies ont démontré que la bonne volonté de certains n’a pu mener à une action décisive en faveur du climat et que les changements à apporter sont maintenant si grands que cela nécessite une opération de grande ampleur, généralisée et qui s’étale minimalement sur des décennies (à long terme);
  • Parce que actuellement nous nous dirigeons vers des augmentations de +3 à +5 °C d’ici 2100, et que cela signifie la fin de la civilisation telle que nous la connaissons;

Une augmentation de 3 à 5 °C, c’est la famine et la guerre partout.
Jean-Marc Jancovici
membre du Haut Conseil pour le climat, France.

C’EST POURQUOI seul un plan qui impose des politiques et des lois contraignantes peut répondre à l’urgence de la situation.


7- Le Zéro émission doit être atteint avant 2030.
  • Parce que de nombreux scientifiques nous indiquent qu’il faut maintenant tenir compte des risques les plus élevés, plutôt que des plus probables ou plus favorables;
  • Parce que selon ces scénarios, nous devons arriver à zéro émission de GES dans moins de 10 ans;
  • Parce que dans ces conditions, seuls les États peuvent imposer ce rythme de décarbonation;
  • Parce que les propositions qui reportent l’atteinte du zéro émission en 2050, ou pire, d’un zéro émission nette ou de carboneutralité en 2050, non seulement ne conviennent plus à la situation, mais ajoutent des délais qui mèneraient à un réchauffement de plus de 2 degrés pouvant nous être fatal;

C’EST POURQUOI, pour éviter le pire, les gouvernements doivent viser 2030, et non 2050, pour l’atteinte de zéro émission de GES.


8- Le Plan de la DUC : 11 chantiers d’intervention, 1 outil politique.
  • Parce que le Plan de la DUC, composé de 11 chantiers, a pour fonction d’intervenir efficacement face à la catastrophe climatique;
  • Parce que 9 chantiers concernent directement la réduction de gaz à effet de serre;
  • Parce que pour réaliser ces chantiers, des lois et règlements de temps de crise sont nécessaires;
  • Parce que 2 chantiers de résilience visent à ce que toutes les régions puissent se protéger des impacts des bouleversements climatiques;
  • Parce que des ressources étatiques doivent être accordées à toutes ces régions afin qu’elles puissent mettre en oeuvre des mesures facilitant leur résilience sur le plan alimentaire et sanitaire, et se doter de plans d’urgence conséquents;

C’EST POURQUOI tous les citoyen.ne.s, organismes et groupes de la société civile doivent porter un tel plan, avec une pression politique sans précédent, vers les gouvernements supérieurs.


9- Un Plan acheminé à la communauté internationale.
  • Parce que la catastrophe climatique est maintenant reconnue comme étant une crise de sécurité nationale et internationale;
  • Parce que elle peut mener à de nombreux effondrements écologiques, économiques, sociaux, etc.;
  • Parce que les dernières décennies ont démontré que l’absence de coordination au niveau mondial n’a pu produire l’action urgente et globale nécessaire, mais ont plutôt résulté en des actions éparses largement insuffisantes, tordant la trajectoire climatique vers la catastrophe;

C’EST POURQUOI tous les citoyen.ne.s, organismes et groupes de la société civile d’ici, ainsi que tous les paliers de gouvernements, doivent acheminer un tel plan vers les organismes, groupes citoyens et gouvernements des autres nations afin que la mobilisation soit collective, non seulement locale et nationale, mais aussi internationale.


Tout retard ou toute mesure qui ne tient pas compte de l’ampleur de la catastrophe climatique aura de graves conséquences
sur l’avenir de l’Humain et du Vivant.

 

Gmob reconnaît l’importance des travaux de Breakthrough National Centre For Climate Restoration